N°24 Votation citoyenne · sur le modèle des brochures suisses
Psilocybine et LSD : un dernier recours encadré
Un accès dérogatoire encadré à l'hôpital, sur le modèle suisse de l'usage compassionnel — pas une légalisation, pas le modèle non médical de l'Oregon
01 Le contexte
En France, la psilocybine et le LSD sont classés stupéfiants depuis les années 1960-1970 et leur usage thérapeutique reste, hors essai clinique, totalement interdit. Deux essais cliniques ont vu le jour ces dernières années : l'essai international de phase 3 COMP006 sur la psilocybine, ouvert à l'hôpital Sainte-Anne à Paris en 2024, et l'étude PAD du CHU de Nîmes sur l'alcoolodépendance et la dépression, publiée en juillet 2025. Mais aucun dispositif d'accès n'existe en dehors de ces protocoles de recherche, pour les patients qui ne peuvent ou ne veulent pas y participer. Pendant ce temps, la Suisse a bâti depuis 2014 un dispositif d'« usage compassionnel » qui a connu une croissance rapide : le nombre d'autorisations exceptionnelles délivrées par l'Office fédéral de la santé publique (OFSP) est passé de 12 en 2016 à plus de 500 en 2023, un nouveau record étant attendu chaque année depuis.
02 Le texte proposé
Créer, sur le modèle suisse de l'usage compassionnel, un dispositif dérogatoire d'accès à la psilocybine et au LSD en psychothérapie assistée, réservé aux patients majeurs atteints de dépression résistante après échec d'au moins deux lignes de traitement antidépresseur, administré exclusivement en établissement de santé agréé — et non une légalisation générale, ni le modèle non médical de l'Oregon où aucun diagnostic n'est requis.
03 Les arguments
Pour
La cohorte réelle de l'Hôpital universitaire de Genève (115 patients suivis entre 2024 et 2025) montre une réduction significative et durable des symptômes dépressifs et anxieux après un premier cycle de traitement, avec des effets secondaires principalement légers et transitoires.
L'essai clinique de référence publié dans le New England Journal of Medicine (233 patients, 2022) a montré que 29 % des patients étaient en rémission trois semaines après une dose unique de 25 mg de psilocybine.
La psilocybine a reçu dès 2018 la désignation « breakthrough therapy » de l'agence américaine du médicament (FDA) pour la dépression résistante, reconnaissant un potentiel thérapeutique supérieur aux traitements disponibles.
L'Australie autorise depuis 2023 la prescription de psilocybine par des psychiatres agréés pour la dépression résistante — la première reconnaissance officielle au monde de cette molécule comme médicament prescriptible.
Contre
Les données disponibles restent limitées : la cohorte suisse n'est pas randomisée ni contrôlée par placebo, ce qui ne permet pas d'exclure un effet d'attente ou de contexte thérapeutique.
En Suisse même, la croissance rapide du dispositif (de 12 à plus de 500 autorisations en quelques années) inquiète les autorités : une nouvelle certification obligatoire est en préparation pour mieux encadrer les praticiens habilités.
Ces substances comportent des risques psychiatriques réels chez certains profils (déclenchement possible d'épisodes psychotiques ou maniaques), ce qui impose une sélection stricte des patients.
Le traitement n'est pas remboursé en Suisse et représente un coût significatif : un risque d'accès inégalitaire existe si le même modèle économique était transposé en France sans prise en charge.
04 Sources
Office fédéral de la santé publique (OFSP, Suisse) — usage compassionnel de substances psychédéliques, art. 8 al. 5 de la loi sur les stupéfiants.
Aboulafia-Brakha et al., « Real-World Effectiveness and Safety of Psychedelic-Assisted Psychotherapy... Switzerland », medRxiv, préimpression, décembre 2025 (non encore évaluée par les pairs).
Goodwin et al., « Single-Dose Psilocybin for a Treatment-Resistant Episode of Major Depression », New England Journal of Medicine, 2022.
U.S. Food and Drug Administration — désignation « Breakthrough Therapy » accordée à COMPASS Pathways pour la psilocybine, octobre 2018.
Therapeutic Goods Administration (Australie) — reclassement de la psilocybine et de la MDMA à usage médical, effectif au 1er juillet 2023.
CHU de Nîmes (Pr Amandine Luquiens) — étude PAD, revue Addiction, juillet 2025.
Vote indicatif et anonyme — sert à mesurer l'intérêt, sans aucune valeur légale.
Avez-vous lu le texte ci-dessus, ainsi que les arguments pour et contre ?
Oui0%
Non0%
0 votes
Merci, votre voix a été enregistrée.
Commentaires
Laissez un commentaire sous le pseudo de votre choix, ou restez anonyme. Les commentaires sont modérés a posteriori — les propos injurieux, hors-sujet ou non constructifs peuvent être supprimés sans préavis.
Commentaires
Laissez un commentaire sous le pseudo de votre choix, ou restez anonyme. Les commentaires sont modérés a posteriori — les propos injurieux, hors-sujet ou non constructifs peuvent être supprimés sans préavis.