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N°22 Votation citoyenne · sur le modèle des brochures suisses

Aide à mourir : sortir de l'exil

Un cadre légal strict, inspiré du modèle le mieux documenté au monde — pas un exil vers l'étranger

01 Le contexte

La France n'autorise aujourd'hui ni l'euthanasie ni le suicide assisté : la loi Claeys-Leonetti de 2016 permet une sédation profonde et continue en fin de vie, mais pas de choisir activement le moment de sa mort. Résultat : au moins 158 Français ont eu recours à l'euthanasie ou au suicide assisté à l'étranger en 2025 — 110 en Belgique, 48 en Suisse via la seule association Dignitas qui publie ses statistiques. Ce chiffre est probablement sous-estimé : en 2024, un amendement parlementaire demandant au gouvernement un rapport officiel sur le nombre de Français partis à l'étranger pour cette raison a été rejeté — la France ne dispose donc d'aucune statistique officielle sur l'ampleur réelle de cet exil.

02 Le texte proposé

Créer un droit à l'aide à mourir pour les personnes atteintes d'une maladie grave et incurable en phase avancée ou terminale, capables de discernement, sur demande volontaire et réitérée — sur le modèle le plus restrictif et le mieux documenté au monde (Oregon, 28 ans de données publiques), et non sur le modèle belgo-néerlandais qui autorise des critères purement psychiatriques ou liés à la démence.

03 Les arguments

Pour
  • Chaque année, des Français partent en Belgique ou en Suisse pour accéder à un droit qu'ils n'ont pas chez eux — un exil coûteux, réservé à ceux qui ont les moyens et la mobilité de voyager.
  • Le modèle le plus restrictif au monde (Oregon) montre une pratique stable sur 28 ans, sans dérive vers l'élargissement des critères.
  • Le modèle associatif suisse démontre qu'un dispositif à but non lucratif, financé par des cotisations modestes, peut fonctionner sans motivation financière.
  • La sédation profonde et continue actuelle ne répond pas à toutes les situations : certains patients en pleine capacité de discernement veulent choisir le moment de leur mort, pas seulement être sédatés en phase terminale.
Contre
  • Les Pays-Bas montrent qu'un dispositif, même strictement encadré au départ, peut s'élargir avec le temps : les cas liés à la démence y ont augmenté de 150 % en 4 ans.
  • Un droit à mourir peut détourner l'attention et les moyens de l'investissement nécessaire dans les soins palliatifs, dont l'accès reste très inégal en France.
  • La capacité de discernement est difficile à évaluer avec certitude, en particulier chez des patients vulnérables ou en situation de dépendance familiale.
  • Même avec des critères stricts, un cadre légal peut créer une pression sociale insidieuse sur les personnes malades ou âgées à « ne pas être un poids ».

04 Sources

  1. Oregon Health Authority — Death with Dignity Act, rapports annuels 1998-2025.
  2. Commission fédérale de contrôle et d'évaluation de l'euthanasie (Belgique) — rapport 2024.
  3. Commissions régionales de contrôle de l'euthanasie (RTE, Pays-Bas) — rapport annuel 2024 (9 958 cas).
  4. Office fédéral de la statistique (OFS, Suisse) — Statistique des causes de décès 2024 (1 774 suicides assistés).
  5. Franceinfo, cellule décryptage — « Aide à mourir : au moins 158 Français ont eu recours à l'euthanasie ou au suicide assisté en Belgique et en Suisse en 2025 ».
  6. Assemblée nationale — amendement CS624 au projet de loi relatif à l'accompagnement des malades et à la fin de vie (rejeté, 6 mai 2024).
Lire le texte juridique et le rapport complet →
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