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N°21 Votation citoyenne · sur le modèle des brochures suisses

Fuites de données : indemniser, pas seulement sanctionner

Un droit à réparation automatique pour les victimes, sur le modèle californien

01 Le contexte

En 2024, la CNIL a été notifiée de 5 629 violations de données personnelles, en hausse de 20 % par rapport à 2023. Les affaires France Travail (36,8 millions de personnes), Free (24 millions de contrats) ou Viamedis/Almerys (33 millions) ont exposé une part considérable de la population française. Les sanctions prononcées par la CNIL vont intégralement au budget de l'État : aucun mécanisme n'indemnise automatiquement les personnes concernées, qui doivent engager une démarche judiciaire individuelle pour obtenir réparation.

02 Le texte proposé

Créer un droit à indemnisation automatique et plafonnée pour toute personne dont les données ont été exposées par une violation caractérisée d'une obligation de sécurité, sur le modèle du droit d'action californien (CCPA) — sans transformer les données personnelles en bien cessible, et en conservant le cadre RGPD/CNIL existant. L'exposition globale d'une entreprise est elle-même plafonnée proportionnellement à son chiffre d'affaires, sur le modèle des amendes RGPD, pour qu'une fuite massive ne soit pas fatale à une PME.

03 Les arguments

Pour
  • Aujourd'hui, les sanctions vont à l'État et non aux victimes : l'amende Free de 42 millions d'euros représente 1,75 € par contrat, une somme que les abonnés ne toucheront jamais.
  • Un droit d'indemnisation automatique crée une incitation économique directe à la sécurité, sans attendre une sanction administrative après coup.
  • Le modèle californien existe depuis 2020 et a produit une jurisprudence stable, sans devoir inventer un nouveau régime juridique.
  • Contrairement à la propriété des données, ce mécanisme ne touche pas au statut juridique de la donnée elle-même — il répare un préjudice, il ne crée pas un marché.
  • Le plafond en pourcentage du chiffre d'affaires — et non en montant fixe — reproduit la logique déjà éprouvée des amendes RGPD : une PME et une multinationale ne sont jamais exposées au même risque absolu.
Contre
  • Le plafond protège les PME, mais en contrepartie : si le nombre de victimes dépasse ce que permet le chiffre d'affaires de la structure responsable, chaque personne touche moins que le montant forfaitaire prévu — la réparation devient partielle, pas seulement pour les grandes entreprises.
  • Un droit d'action privé peut favoriser une industrie du contentieux plus qu'une réparation réelle pour les victimes, si les plafonds sont mal calibrés.
  • La Commission européenne juge le RGPD globalement positif : ajouter un dispositif nouveau risque de complexifier un cadre qu'elle recommande surtout de mieux harmoniser, pas de réformer en profondeur.
  • Le coût du risque contentieux peut peser plus lourdement sur les PME que sur les grandes plateformes, qui ont les moyens juridiques de s'y adapter.

04 Sources

  1. CNIL — Rapport annuel 2024 ; « Violations massives de données en 2024 ».
  2. Commission européenne — Deuxième rapport d'évaluation du RGPD (2024).
  3. California Department of Justice — California Consumer Privacy Act, droit d'action privé (§1798.150).
  4. Illinois General Assembly — Biometric Information Privacy Act et réforme SB 2979 (2024).
  5. Contrôleur européen de la protection des données (EDPS) — Avis sur la « New Deal for Consumers » (2017).
Lire le texte juridique et le rapport complet →
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